L’approche préconisée par le CIPTO est l’approche de réduction des méfaits.
L’approche de réduction des méfaits provient des modèles européens tels que les Pays-Bas et la Grande-Bretagne. L’apparition de cette approche dans les années 1980 a été inspirée de certaines pratiques apparues dans les années 1960, tel que le traitement à la méthadone. Face au fléau de l’infection au Virus Immunodéficience Humaine (VIH) chez les utilisateurs de drogues par injection (UDI), on était à la recherche de moyens pouvant réduire le taux de séroconversions (propagation du VIH). Au Québec, ce n’est qu’en 1994 que nous avons adhéré, en pratique, à l’approche de réduction des méfaits.
Cette approche remet en question les modèles traditionnels fondés sur l’abstinence : elle prône davantage la consommation contrôlée. L’approche part du constat que la consommation existe et qu’il faut s’attarder à ses conséquences plutôt que de prôner l’abstinence totale de drogues. Bref, l’approche de réduction des méfaits est «centrée sur la diminution des conséquences néfastes de l’usage des drogues plutôt que sur l’élimination de l’usage.» (Brisson, 1998) Toutefois, cette approche n’exclut pas l’abstinence, mais elle tient compte à la fois des capacités de l’individu à se responsabiliser et de ses besoins en tant que personne autonome.
L’approche de réduction des méfaits repose sur deux principes fondamentaux : le pragmatisme (plutôt que l’idéalisme) et l’humanisme (plutôt que le moralisme).
Le pragmatisme : Les tenants de l’approche de réductions des méfaits considèrent que la «guerre contre la drogue» est idéaliste et voir même utopique. Malgré leur prohibition depuis longtemps, les drogues sont de plus en plus présentes dans nos sociétés. Ainsi, pourquoi ne pas tenter de travailler à réduire les conséquences néfastes de la consommation de drogues plutôt que de travailler à tenter de l’éliminer sachant que ceci est irréaliste?
L’humanisme : Ce dernier va à l’encontre du moralisme. Cette attitude est nécessaire dans l’établissement d’un lien de confiance constructif. Une attitude moraliste et jugeante ne permet pas le rapprochement nécessaire avec l’individu ou les groupes afin de travailler à réduire les conséquences néfastes sur eux.
Axe 1 |
Axe 2 |
Matériel de consommation sécuritaire (échanges de seringues…) |
Modifications de substances (bière 0.5%) |
Drogues de substitution (méthadone…) |
Produits de substitution (nicorette) |
Zones de tolérances (parcs, piqueries supervisées…) |
Mesures environnementales (section non-fumeur, ventilation…) |
Travail avec et par les usagers (outreach) |
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Application et modifications de lois (déjudiciarisation) |
(Brisson, 1998)
Lorsque l’on parle de l’approche de réduction des méfaits, on ne fait pas seulement allusion à l’échange de seringues et à la consommation contrôlée. Cette approche est plutôt basée sur l’écoute des besoins de la personne, que ce soit avoir un contrôle sur sa consommation ou être totalement abstinent.